Carnets de voyage

Salade de loukoum

On a traversé la Méditerranée pour le Maroc

Il y a du monde, il y a du bruit, il y a de la vie

Il y a des enfants qui reviennent de l’école sur un âne

Il y a des enfants qui ne vont pas à l’école et essaient de nous vendre des noix

Trois heures de route pour atteindre Essaouira

Une route taillée au couteau dans la plaine rocheuse

Une route de nuit, avec un feu de bois au milieu pour indiquer la déviation

Des gros camions qui viennent d’Agadir et ce paysan qui traverse avec son âne

Le gouvernement a prévu un gros budget pour faire d’Essaouira une attraction touristique avec un aéroport, des hôtels quatre étoiles avec golfs et piscine dans le désert, des vrais guides et des faux guides, des restaurants et des échoppes qui vendent des tagines, des tapis, des babouches et des narguilés

Pendant que, le silence dans le ventre, on regarde ce cul-de-jatte qui marche à quatre pattes avec des tongues aux mains.

On a vu des gens. On s’est vus nous-même. On s’est vus tous nus dans le désert des autres.

Roma – Piazza Euclide

C’est un carrefour en demi-cercle, avec une église comme centre. Il y a des bars, des pompes à essences posées sur le bitume et le Grand Hôtel Ritz d’où je regarde la scène. Il est midi et l’église sonne un do, ré, ré, fa, ré, ré, fa, mi, mi, fa, mi, ré.

Il y a un homme qui livre des serviettes, à raison de deux paquets par trajet, au restaurant Pastarito juste en bas de l’hôtel.

Le soir, de l’autre côté de la place, les jeunes discutent autour de leurs voitures, motos et scooters garés sur la chaussée. C’est juste à côté de Pizza Gogo où le vendeur nous dit « Bonjour » ou « T’es belle je t’aime » à certaines.

C’est Piazza Euclide où on habite pendant trois semaines, deuxième étape de la tournée.

C’est vivant, c’est bruyant.